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Fond gris onduleux

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Témoignages Libération de Renac


Témoignage


La libération de RENAC, le 3 août 1944 - 3 août 1994, cinquante ans après...


Après quatre années d'occupation par l’armée allemande nous apprenions le soir du 6 juin que le débarquement des forces Alliés avait eu lieu en Normandie.


C'était l'attente d'une guerre que nous allions vivre chez nous ; les semaines passaient…. Les troupes Alliées piétinaient en Normandie (d’après les renseignements que nous avions de bouche à oreille puisqu’à l’époque il n'y avait pas de poste radio ni de journaux à la campagne).


De temps à autre, des tracts lancés par des avions alliés signalaient l'avance des Américains ou par les Allemands annonçant que l’armée anglo-américaine était désespérée.


Les gens creusaient des tranchées pour abriter leurs familles. Le 3 août, ce fut la surprise. Après deux mois de combats acharnés en Normandie, les Américains ouvraient une brèche à Avranches et fonçaient sur Rennes ; rencontrant une résistance aux abords de Rennes, ils contournèrent cette ville par les routes secondaires en direction du Morbihan et du sud du département ; les Allemands qui les attendaient venant de Rennes furent pris à revers. Ce fut le cas à Renac où canons et mitrailleuses étaient pointés en direction du Calvaire et de la route de Saint-Just.


Vers 17 heures, j'étais seul à sarcler des betteraves au-dessus de L’Haunay-Hingant ; soudain, un coup de canon me fit relever la tête et, quelques secondes après, une explosion assez rapprochée et plus puissante me fit penser que la guerre était proche ; les coups se succédaient, lancés de la Secouette en Pipriac, sur un convoi allemand stationné au rocher de Bel-Air en Saint-Just.


Je partis en courant vers le village ; petit à petit tous les habitants partis couper le blé, revenaient, nous étions tous regroupés sur la route au milieu du village, nous entendions un roulement lointain sur la route de Sixt-Renac. Un avion de reconnaissance survolait le secteur d’où venait le bruit et nous eûmes la confirmation des gens qui si trouvaient du côté de la Grande-Lande que c’était un défilé de char qui fonçait sur Renac. Aussitôt, des coups de feu retentirent du côté du Valet, où les Allemands pris par l’arrière, s’opposaient à l’entrée du convoi dans le bourg : c’était le début d’une bataille qui allait durer deux heures. Les Allemands s’étaient réfugiés dans les maisons du nord du bourg ; les Américains durent tirer au canon sur la façade des bâtiments avant de pénétrer dans ces bâtiments pour venir à bout des Allemands qui ne voulaient pas se rendre.


Un gros nuage de fumée se dégageait au-dessus du bourg ; c’était l’étable de la ferme de la Porte (actuellement transformée en logements) qui brûlait, incendie probablement déclenché par des éclats d’obus.


Nous eûmes la surprise de voir arriver au village un soldat allemand venant vers nous ; il demanda à boire, il était en sueur. Georges Cheval l’invita à rentrer à la maison pour se rafraîchir, le soldat repartit en direction du bourg.


Le calme était revenu. Quelques adultes se rendirent au bourg pour constater les dégâts ; revenant à la nuit tombante, à trois cent mètre du bourg, ils se trouvèrent face à un détachement allemand venant de Saint-Just, ils furent arrêtés e fouillés par les Allemands puis relâchés.


La bataille avait fait 15 morts, dont 4 américains, 10 allemands et une fillette qui se trouvait sur la route fut victime d’une rafale.




Collectage les veilleuses RENAC 2023 - Compagnie la gamine

 

Père roger :


« Qu'est ce qu'ils auront nos enfants comme souvenirs ? » « Ils auront les leurs ! » Nous on a les nôtres, différents.


Le couvre feu à Redon : à l'étude le soir, on ne devait avoir aucune lumière pour que les avions ne nous repèrent pas donc on avait tout calfeutré. Quand la nuit arrivait au collège, on barricadait avec des couvertures sur tringles qu'on posait pour boucher tout.


J'ai vu le bombardement de jour sur Redon mais le soir on voyait les bombardements sur Saint-Nazaire et Lorient. On voyait les gerbes de feu, c'était épouvantable. Une fois on était parti par les champs parce qu'on avait eu peur à l'arrivée des allemands en 40. « Prenez vos habits on va quitter la maison », moi j'avais ma veste du dimanche pour partir on allait dans les champs passer la soirée, les allemands vont peut être nous tuer j'avais 11 ans c'est des souvenirs comme ça de peur.


Je dormais, je me souviens que des voisins étaient venus et ils parlaient disant : "qu'est ce qu'on fait". Tout le monde essayait de se remonter le moral. Il y a eu des allemands à Renac et il y a eu la débâcle, tous les réfugiés du nord de la France qui passaient en 40. On les voyait le midi et le soir quand on sortait de l'école, ils descendaient avec des carrioles, y en a qui s’arrêtaient à Renac, d'autres allaient plus loin il suivaient la route donc ils passaient forcément par le bourg.


Après en 44, y a eu la bagarre dans le bourg y a eu des morts, je me souviens de ce jour là, la route de la bouletterie en remontant vers Saint-Just, dans un grand chêne il y avait une mitrailleuse qui était installée en direction de la butte. Ensuite de la route  de Rennes qui remonte le calvaire de l'ancienne route de Rennes, il y avait une mitrailleuse qui était installée là aussi, ils étaient en train de miner la 3ème route, la route du valais. Les américains et les anglais sont arrivés vers la route du valais alors qu'ils les attendaient sur l'autre route tant et si bien que dans l'après midi ils ont été prévenus dans le bourg parce qu'il y avait un avion qui tournait. Le maire avait du être prévenu, ils ont demandé aux gens de rentrer chez eux et il y avait une jeune fille, une parisienne, qui a du se trouver dehors et qui a été tuée comme ça. Celui qui était en train de mettre la mine en haut du valais a eu le temps de tirer dans le char mais il a été descendu après. Il y a eu du corps à corps dans le bourg avec les allemands y'a du avoir 9 allemands tués et des habitants aussi. Les allemands ont été mis dans la mairie, là bas les corps alignés dans la mairie nous gamins on se hissaient sur les fenêtres on voulait voir les corps. Je me souviens de l'enterrement des allemands ils ont été enterrés comme ça sans cérémonie et ceux du FFI peut être bien là y'a eu une cérémonie. Je me souviens, on a eu peur d'y passer.


J'étais au collège le 8 mai 1945, je me souviens parce que les chasseurs alpins étaient dans le collège et ils allaient monter la garde tous les jours à Fégréac. La poche de Saint-Nazaire venait jusqu'à Fégréac les allemands étaient toujours là et le 8 mai 45. Ils sont venus nous dire la guerre est finie et là nous pour une fois les portes du collège se sont ouvertes et on est allé dans les rues pour célébrer la fin de la guerre. C'était la grande fête toute la soirée avec de la musique.

Je me souviens de l'arrivée des américains à l'été 44, on se demandait ce qu'il se passait, on devait lier des gerbes. Il y avait des obus qui tombaient dans les champs tout autour et on a dit on rentre chez nous. On ne se trouvait pas en sécurité, ça pouvait tomber sur nous et le lendemain la colonne allemande qui devait défendre est arrivée et elle avait laissé tout son matériel dans le près de Launay avec les chevaux. On est allé se servir le lendemain matin je me souviens qu'un gars dit : "ben je vais emporter ça" et un autre lui dit : "c'est marqué Minen dessus !" Plus tard on a vidé la maison on a jeté tout ça.


La guerre j'aime pas trop en entendre parler. Et puis les restrictions de tout, jeter du pain par exemple je peux pas supporter on en manquait donc on avait des tickets au collège on avait 4 tours de pain par jour dont un à 4 heures. Moi je jouais et je mettais mon pain dans la blouse et puis à la fin on buvait de l'eau, ça me calmait et puis un tour de pain de plus pour le matin. Je tachais de ne manger que la moitié du pain le soir pour garder plus le lendemain matin.

On en finirait pas de raconter.

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